∞POSITION du 15/11/12 au O9/O1/13 (LYCAON)



MOOLINEX



Moolinex est un artiste pluriel. Il est illustrateur, et travaille avec les Éditions Les Requins Marteaux, Le Dernier Cri, ou encore le collectif Ferraille dont il est un membre fondateur. Mais Moolinex est aussi musicien. Il joue parfois avec le groupe Bordelais les Magnétix, et se produit également seul sur scène, présentant un univers à la fois sensuel, rock and roll et performatif. Plasticien, Moolinex est à la fois peintre, dessinateur, sculpteur, tapissier, brodeur, designer... et cela donne un détonn

ant et questionnant mélange d’arts plastiques, d’arts appliqués, arts contemporains, de bandes dessinées, de cultures populaires, bref, quelque chose de vivant...
mais c’est peut être cela que l’on appelle « de l’art » ?

Si Moolinex expose à ses débuts au Regard Moderne à Paris, on a pu le voir au festival d’Angoulême, à la Galerie parisienne Art factory, au Confort Moderne - structure abritant un centre d'art contemporain à Poitiers-, à La Mauvaise Réputation pour une première exposition en 2004, au Musée des Arts Modestes de la ville de Sète, à la librairie parisienne le Monte En L’air, à la galerie Arsenic ou tout récemment au FRAC Poitou-Charentes. Mais la carrière de Moolinex reste encore trop confidentielle et ceci est un véritable témoignage de la xénophobie culturelle qui malheureusement caractérise le monde de l’art.


Moolinex cherche et expérimente, un cheminement qui le conduit à une perpétuelle remise en question. La prise de risque est son crédo, elle est la clef qu’il utilise pour déverrouiller les portes qui cloisonnent les univers de la bande dessinée, de la peinture, de la mode et de l’art contemporain. Il ébauche puis rectifie successivement les contours d’un monde singulier qui appartient à tout un chacun, c’est là l’excellence Moolinex, une œuvre toute à la fois individuelle, collective, naïve, simple, complexe, cruelle, drôle, triste... dans laquelle les degrés de lecture se multiplient, chacun en prend pour son grade.


Au commencement de cet imaginaire, il y a la bande dessinée. Des auteurs comme Pion, Bolino, Pierre La Police et surtout Gary Panther. On trouve aussi chez Moolinex toute la fantaisie, l’humour et la fascination pour la mort dans l’iconographie mexicaine.

Moolinex est un « dégueuleur » d’images, publicité, mode, musique, arts populaires, rien ne lui échappe, tout est avalé puis régurgité pour nourrir le spectateur d’images fascinantes, le tout avec un humour grinçant et décapant... certes... pas toujours aisé à digérer.
Point de frontières esthétiques chez Moolinex, mais, point de techniques préétablies non plus. Tous les médiums et tous les supports sont bons à prendre : vidéos, photographies, typex, collages, découpages, peintures, dessins, assemblages, canevas, vêtements... Par l’intervention de Moolinex ils sont mis au service non seulement d’une iconographie ironique et distanciée, mais servent également cette question permanente et incontournable qu’il se pose : comment construire des images fortes, simples et drôles ? Et ce, surtout si la gravité des sujets rend l’exercice difficile : l’éducation, l’amour, la mort, le sexe, le rock and roll ou le 3ème Reich... Sa recette ? Elle est inexplicable, on ne peut qu’en distinguer quelques ingrédients, comme sa capacité à faire en sorte que l’absurde et le burlesque l’emportent sur les tourments existentiels, son refus de l’autocensure et de toute forme de complexe voir de complexification.
Moolinex est en lutte contre les dogmes, le fatalisme et surtout contre l’intellectualisme forcené de la plasticité et de l’esthétisme d’aujourd’hui.

Florence Beaugier (La Mauvaise Réputation)



artpute.over-blog.com

EXPOSITION PROLONGÉE JUSQU'AU O9/O1/13

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